Découvrez La Petite-Italie

Quartier où les premiers immigrants italiens ont posé leurs valises au XIXe siècle, la Petite-Italie a conservé son irrésistible charme au fil des ans. Les cours débordent de plants de tomates et de vignes, le soccer y est un mode de vie et l'arôme exceptionnel des cappuccinos se mêle aux effluves des sauces qui mijotent. La dolce vita !

La Petite-Italie se vit toute l'année. La passion pour la vitesse, les voitures de sport et les émotions fortes se mélange avec celle de la gastronomie, des mets italiens et de l'architecture emblématique du quartier.

Le tout-Montréal se rassemble chaque semaine au marché Jean-Talon pour profiter des producteurs de la région et de l'incroyable diversité de produits frais et savoureux, quelque soit la météo.

Les fins de semaines, les habitants dansent le tango au parc de la Petite-Italie, croisent les joueurs de Bocce au parc Dante ou se baladent entre les bâtiments d'influence art déco. Ils admirent la sublime église Madonna Della Difesa et profitent de l'ambiance unique de la Petite-Italie.

Bien sûr, ils n'oublient pas en juin lors du Grand Prix du Canada de parader avec leur Ferrari sur le boulevard Saint-Laurent ou de se rassembler entre tifosi de F1 dans les trattoria et les cafés pour trinquer aux exploits de leurs équipes favorites .

Venez vous joindre à nous !

Lieux historiques de la Petite-Italie

Casa d’Italia

505 Rue Jean-Talon Est, Montréal, QC H2R 1T6

Ancienne clinique d’inspection des viandes

7070, avenue Casgrain, Montréal

Parc Dante

Rue Dante, Montréal

Caserne des pompiers #31

7041, rue Sainte-Dominique, Montréal

Pavillon Notre-Dame-de-la-Défense de l’école La Petite-Patrie

6841, avenue Henri-Julien, Montréal

Marché Jean-Talon

7070 Henri-Julien

Ancien théâtre Le Château – aujourd’hui Center Chrétien métropolitain

6956, rue Saint-Denis, Montréal

Église Notre-Dame-de-la-Défense

6800, avenue Henri-Julien, Montréal
  • Le marché Jean-Talon

  • Place Shamrock

  • Parc Dante

  • Église Notre-Dame

  • Parc de la Petite-Italie

PREMIÈRE ÉTAPE : le marché Jean-Talon. Si vous arrivez en voiture, utilisez le stationnement souterrain. Goûtez aux produits frais du Québec et laissez-vous capturer par les couleurs du marché. Parlez avec les marchands est un must si vous voulez comprendre ce que signifie l’expression «typique d’ici» à Montréal. Amusez-vous sur la place Shamrock, où le contemporain se mélange à l’ancien. Exemple de design urbain avec son carrousel et ses vélos musicaux, la place Shamrock est caractérisée par des bâtiments typiques de la période «Art déco». Ce chemin vous amènera directement sur «la Main». 

DEUXIÈME ÉTAPE : la Via Dante, le cœur du quartier. Dans les ruelles, l’ambiance devient plus intime et on se retrouve rapidement dans le parc Dante, un espace de détente. La visite à l’intérieur de l’Église Notre-Dame-de-la-Défense est conseillée, après la dégustation au soleil sur un banc du parc Dante d’un bon cannolo de la pâtisserie la plus ancienne du territoire.

POUR FINIR VOTRE PROMENADE, prenez la rue St-Zotique et vivez le charme sophistiqué de ses boutiques. Terminez votre tour au parc de la Petite-Italie, toutes les générations s’y retrouvent pour un pique-nique à l’ombre des arbres, ou pour un chocolat chaud après un tour sur la patinoire en hiver. Un conseil: venez avec l’estomac vide.

Le développement culturel de la Petite-Italie est étroitement lié à l’histoire de l’établissement de la communauté italienne au Québec. La présence italienne en sol québécois remonte au XVIIe siècle. À cette époque, il s’agit principalement de commerçants, d’artisans ou de soldats originaires du nord de l’Italie qui se joignent au régiment de Carignan.

À la fin du XIXe siècle, alors que les conditions politiques et économiques sont instables en Italie, plusieurs hommes du sud de la péninsule quittent leur terre natale pour le Canada. Ces immigrants, en majorité destravailleurs  temporaires, sont engagés afin de travailler sur les chemins de fer ainsi que dans les mines et les camps de bûcherons. À l’époque, ils s’établissent principalement dans des quartiers situés au bord du fleuve Saint-Laurent.

Toutefois, l’immigration évolue rapidement. Vers 1880, des ouvriers viennent désormais s’établir de façon permanente à Montréal, ce qui entraîne également la venue de femmes et d’enfants. La population italo-montréalaise commence à se déplacer vers le nord de la ville, alors peu urbanisée. Précisément, les Italos-Montréalais s’installent dans les environs de l’ancienne gare du Mile-end, située sur le boulevard St-Laurent près de la rue Bernard. La migration vers le nord de Montréal par la population italienne s’étend jusqu’à la rue Isabeau (actuelle rue Jean-Talon).

Ce déplacement est stimulé d’une part par les terrains et les logements à prix modiques ainsi que par la création de nombreux emplois occasionnés par la présence du chemin de fer et des industries. D’autre part, cette zone peu urbanisée étant principalement constituée de champs permet aux Italiens de cultiver leur propre potager avec des produits du terroir italiens qui sont difficiles voire impossibles à dénicher dans les épiceries.

En 1910, la présence d’immigrants italiens est tellement forte dans ce secteur de la ville que la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense est fondée à la demande de la communauté en 1910. Puis, en 1919, la première pierre la l'église située au coin des rues Dante et Henri-Julien est posée.

Dans les années 1930, malgré la crise, le quartier est en pleine effervescence. En effet, ces années sont marquées par la construction du marché Jean-Talon, de la Casa d’Italia, des édifices Shamrock ainsi que l’ouverture de plusieurs commerces italiens et de cinémas.

Puis, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plus importante vague d'immigrants italiens arrive au Québec. Entre 1946 et 1960, plus de 100 00 Italiens immigrent au Québec, dont une très grande proportion à Montréal. Arrivés grâce à un programme de parrainage, ces nouveaux arrivants viennent rejoindre leurs parents déjà établis à Montréal, principalement au nord de la ville près du boulevard Saint-Laurent. C’est à cette époque que les commerces italiens décuplent dans ce secteur.

Les cafés, restaurants, épiceries, boutiques à vocation italienne se multiplient sur le boulevard Saint-Laurent et sur ses rues transversales ainsi qu’à proximité du marché Jean-Talon, donnant ainsi naissance à la Petite-Italie.

Finalement, les années 1960 engendrent une nouvelle migration. Les Italo-Montréalais achètent ou se font construire des plex dans les quartiers périphériques de la ville dont St-Léonard, Rivière-des-Prairies, Ville Lasalle et Laval. Les Italiens désertent peu à peu le quartier et de nouvelles communautés viennent s’y installer.

Dans les années 1980, l’augmentation du prix des loyers entraîne la Petite-Italie dans une véritable crise économique. Au début des années 1990, plus d’une vingtaine de locaux commerciaux sont vacants, et ce, seulement sur le boulevard Saint-Laurent. C’est à ce moment que la Ville, conjointement avec l’Association pour la promotion de la Petite-Italie de Montréal, entreprend la revitalisation du quartier à travers un projet d’aménagement. L’objectif du projet : créer une expérience culturelle dans la Petite-Italie afin d’attirer la clientèle et ensuite attirer de nouveaux commerces.

D’imposantes installations architecturales sont alors construites dans le quartier. Près d’une quinzaine de demi-voiles font leur apparition un peu partout dans la Petite-Italie. Puis, d’immenses arches sont érigées sur le boulevard Saint-Laurent à l’entrée et la sortie de la Petite-Italie. Au fil des ans, cette revitalisation connaît un certain succès et les espaces commerciaux se remplissent.

Encore aujourd’hui, la Petite-Italie demeure le noyau de la communauté italienne de Montréal. En vous baladant dans le quartier, vous croiserez de nombreux cafés, restaurant, épiceries et pâtisseries aux saveurs italiennes. Vous verrez des Italo-Montréalais ainsi que des italophiles qui visitent le quartier pour faire leurs courses et participer aux événements traditionnels. Vous les verrez aussi jouer au bocce dans les parcs ou bien suivre le soccer diffusé sur tous les écrans de la Petite-Italie.

Source de la photo: Casa d'Italia

Parc de la Petite-Italie

En 1909, le conseiller principal Joseph Martel vend son terrain à la ville afin d'y aménager un parc. Cet espace est d'abord baptisé parc Martel, en l'honneur de son ancien propriétaire. La ville de Montréal l'a renommé Parc de la Petite-Italie en 1988. À l'époque, la Ville y effectue d'importants travaux de réaménagement alors que s'amorce une vaste relance commerciale du secteur.

Localisé à la porte d'entrée du quartier Petite-Italie, ce parc est un lieu de rassemblement incontournable pour les Italo-Montréalais qui viennent y célébrer chaque année la Semaine Italienne.

Arches et demi-voiles

Dans les années 1990, l’Association pour la promotion de la Petite-Italie de Montréal lance un projet de revitalisation du secteur. L’objectif est celui de créer une expérience culturelle dans la Petite-Italie afin d’attirer la clientèle et ensuite attirer de nouveaux commerces. 

Le mandat d’aménagement est confié à Pierlucio Pellissier, un architecte d’origine italienne, spécialisé dans la conservation et la restauration d’œuvres d’art et du patrimoine architectural ainsi que dans l’application des innovations technologiques dans le domaine de l’architecture. Précisément, celui-ci doit identifier le périmètre de la Petite-Italie et proposer un aménagement soulignant l’italianité du quartier.

Après de nombreuses rencontres entre l’Association, l’architecte et la Ville de Montréal, la décision finale est de créer 14 demi-voiles et de les positionner afin d’identifier les limites du quartier. Ces sculptures, représentant les voiles de bateaux qui amenaient les immigrants italiens au Canada, ont été conçues par Aurelio Sandonato, un artiste Italo-Montréalais reconnu pour avoir créé la murale de terre cuite se trouvant à la station de métro du Collège. 

La première phase du projet d’aménagement étant désormais complétée, les membres de l’Association de la Petite-Italie désirent amorcer la seconde et la troisième phase du projet. La seconde phase repose sur la construction des Portes de la Petite-Italie sur le boulevard St-Laurent. Celles-ci doivent être construites en granit puisque le marbre est une pierre poreuse qui ne survivrait définitivement pas à l’hiver québécois. Pour la troisième phase, le projet d’aménagement prévoit l’ajout d’imposante pièces sur les portes afin de les transformer en arches.

Pour la construction de ces deux phases, il fut nécessaire de faire extraire le granit d’une mine au Sri Lanka, car aucune pièce de cette grandeur n’était disponible au Canada. Le bateau transportant l’immense pièce de granit a quitté le port à destination de Montréal le 9 septembre 2001. Compte tenu du pays d’origine et des attentats du 11 septembre, le bateau contenant le granit n’a pu accoster  qu'en avril de l'année suivate. Lorsque tous les morceaux furent prêts, le boulevard Saint-Laurent a été fermé pendant deux jours afin d’ériger la structure. Aux pieds des arches se trouvent des plaques de bronze commémoratives avec le logo de la Petite-Italie. Sur la face cachée des plaques figurent les noms des personnes grâce à qui les arches ont été érigées ainsi qu'une brève histoire de la construction de ces oeuvres d'art.

 

Boulevard St-Laurent

Plus ancienne voie nord-sud de Montréal, le boulevard Saint-Laurent, aussi connu sous le nom de la Main, a servi de lieu d'intégration des nouveaux immigrants pendant plus d’un siècle. 

Dès la fin du XIXe siècle, Montréal accueille des centaines de milliers d’immigrants en provenance d’Europe. Arrivés dans le port, ces derniers pénètrent peu à peu dans le tissu urbain en longeant le boulevard Saint-Laurent. Dès 1893, la ligne de tramway 55 du boulevard Saint-Laurent est prolongée jusqu'à la rue Isabeau (devenue Jean-Talon). Cette prolongation, combinée au fait que cette partie de la ville est alors peu urbanisée, encourage le déplacement des Italo-Montréalais vers le nord. À cette époque, les lots de terrains longeant la Main sont développés jusqu’à Beaubien. Après cette rue, les habitations résidentielles s'étendent progressivement vers le nord, mais sont entrecoupées de terrains vagues. En 1949, les bâtiments construits au fils des ans forment une ligne continue sur le boulevard jusqu'à la rue De Castelnau.

Après la Seconde Guerre mondiale, le nord du boulevard Saint-Laurent accueille une seconde vague d'immigration italienne, qui apportera un important changement à l’urbanisme du quartier. Les duplex et les triplex,  principalement résidentiels à l’époque, laissent place à des magasins et services au rez-de-chaussée des bâtiments. Les cafés, restaurants et épiceries d'offre italienne se multiplient, renforçant le rôle de propondérant de la communauté italienne. 

À partir de la décennie des années 1960, les Italiens quittent graduellement la partie nord du boulevard et ses environs. Plusieurs commerces ferment leurs portes, alors que d'autres demeurent ouverts et continuent d'attirer les consommateurs de la communauté ainsi que les Montréalais de toutes origines. 

Les décennies suivantes voient graduellement les immeubles du tronçon Saint-Zotique - Jean-Talon se dégrader et les vitrines vacantes s'accumuler. Au début des années 1990, plus d’une vingtaine de locaux commerciaux sont vacants sur le boulevard Saint-Laurent, entre Saint-Zotique et Jean-Talon. C’est à ce moment que la Ville, conjointement avec l’Association pour la promotion de la Petite-Italie de Montréal, entreprend la revitalisation du quartier et du boulevard grâce à l'implantation d'un mobilier urbain distinctif, en particulier des arches décoratives. 

Depuis 1998, le boulevard Saint-Laurent est considéré comme un lieu historique national du Canada. Ses activités commerciales et culturelles imprègnent la Petite-Italie de son effervescence et de son dynamisme. 

Casa d’Italia

505 Rue Jean-Talon Est, Montréal, QC H2R 1T6

La Casa d’Italia est inaugurée le 1er novembre 1936, jour de la Toussaint. La communauté italienne en fait rapidement «sa» maison: elle devient le coeur et le centre de la Petite Italie, le lieu social et culturel de toutes ses activités. Tous les événements s’y déroulent: de la St-Valentin jusqu’à Noël, en passant par les mariages, les rencontres d’associations, les expositions, les bals, etc.

Le style de la Casa est «Art Déco», une tendance fortement popularisée à l’époque par Ernest Cormier. En 2010, la Casa d'Italia s’est métamorphosé en écomusée de l’immigration italienne à Montréal qui lui a valu le prix d’intégration architecturale, décerné par l’Opération patrimoine architectural de Montréal.

HEURES D'OUVERTURE
Du lundi au vendredi
8h30 - 17h00

Ancienne clinique d’inspection des viandes

7070, avenue Casgrain, Montréal

Ce petit bâtiment, situé à l’intersection des rues Casgrain et Shamrock, a été construit en 1935 selon les plans de l’architecte en chef de la Cité, Donat Beaupré. Cet architecte a dirigé la conception de dizaines d’édifices municipaux pendant les décennies des années 1930 à 1950.

À l’origine, ce bâtiment servait de clinique d’inspection alimentaire pour la viande vendue au marché Jean-Talon, qui est juste à côté. Des normes strictes en matière d'approvisionnement en produits alimentaires sont adoptées par les autorités municipales en 1927, à la suite d’un épisode de fièvre typhoïde. Cet édifice, bien qu’il ait aujourd’hui perdu sa vocation originale, témoigne de l’évolution des services d’hygiène publique.

La clinique, réaménagée et agrandie vers 1958, est représentative de la production du début des années 1930 par son architecture Art déco. La clinique forme un ensemble architectural d’intérêt avec deux immeubles voisins érigés à la même époque, également d’influence Art déco, soit le poste d’incendie no 31 et le pavillon principal du marché Jean-Talon.

Parc Dante

Rue Dante, Montréal

Pour commémorer le 50e anniversaire de la fondation de la paroisse italienne Notre-Dame-de-la-Défense, un groupe d’Italo-Montréalais porte le projet d’aménager un parc d’ornement à deux pas de la resplendissante église à l’allure florentine. Inauguré le 26 juin 1963, cet espace est devenu le cœur par excellence de la Petite-Italie. Il symbolise l’apport de la plus grande communauté italienne du Canada au développement et à la richesse de Montréal. Le monument La Mort de Dante, autrefois localisé au Parc La Fontaine, y trouve place depuis 1964.

Aujourd’hui, lors de la belle saison, le parc Dante est un lieu de prédilection tant pour les pique-niqueurs que pour les joueurs de bocce. es cinéphiles y trouvent aussi leur compte puisque plusieurs soirées de cinéma italien en plein air ont lieu dans le parc l'été depuis plusieurs années.

Caserne des pompiers #31

7041, rue Sainte-Dominique, Montréal

L’intérêt historique de la Caserne n. 31 repose principalement sur le fait qu’elle témoigne d’un important programme d’aide aux chômeurs instauré par la Cité de Montréal à la suite de la crise économique de 1929. De plus, elle constitue un excellent témoin de l’évolution des mesures de protection contre les incendies à Montréal. L’édifice, construit en 1931, atteste des efforts déployés par la Cité de Montréal pour lutter contre les incendies.

La valeur artistique de l’ancienne Caserne n. 31 réside notamment sur l’importance de son concepteur, l’architecte Emmanuel-Arthur Doucet. La valeur artistique de l’oeuvre repose également sur la qualité de l’architecture extérieure et du décor de style Art déco. L’intérêt de l’édifice est décuplé par le fait qu’il a conservé la plupart de ses éléments caractéristiques dont sa tour à boyaux, ses matériaux de façades en brique et pierre artificielle, de même que ses divers éléments de décor. Ce bâtiment public a conservé sa fonction d’origine de caserne de pompiers depuis son inauguration en 1934 et il possède un bon degré d’authenticité.

Pavillon Notre-Dame-de-la-Défense de l’école La Petite-Patrie

6841, avenue Henri-Julien, Montréal

Avec la fondation de la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense en 1910, une église-école voit le jour dans le quartier pour la communauté italienne. Située d'abord au-dessus d'un commerce à l'angle des rues Saint-Zotique et Alma, l'église-école déménage un an plus tard dans un bâtiment localisé sur l'avenue Henri-Julien, au même emplacement que l'école actuelle.

En 1919, l'édifice abritant l'école est entièrement dédié aux activités scolaires avec l'inauguration, tout près, de l'église Notre-Dame-de-la-Défense. L'école est l'une des conceptions les plus significatives de l'architecture scolaire d'Eugène Larose. Son style Art déco se remarque sur la façade par les jeux décoratifs en briques de couleurs différentes, par les bas-reliefs stylisés, illustrant des flamands, des enfants, des astres ou encore des religieuses. La modernité des façades extérieures s'exprime également avec dynamisme par les lignes horizontales continues que tracent les fenêtres en bandeaux.

L'école comprend trois étages divisés en trois ailes, elles-mêmes séparées par deux cages d'escaliers. L'aile principale abrite des classes ainsi que des locaux de service. L'aile gauche, d'abord conçue pour servir de résidence aux Soeurs-enseignantes, est maintenant louée à des organismes communautaires tandis que l'aile droite comprend un gymnase et des classes. Enfin, l'une des caractéristiques distinctives de l'école réside dans son couloir dont un côté ouvre sur des classes, et l'autre, sur la cour laissant la lumière naturelle pénétrer. Le bâtiment est très peu transformé, il garde son architecture d'origine à l'intérieur comme à l'extérieur.

Marché Jean-Talon

7070 Henri-Julien

La création du marché Jean-Talon résulte d’une volonté de la Ville de Montréal de contrer le ralentissement économique causé par la Grande Dépression au début des années 1930.

Situé au cœur de la Petite-Italie, à l’ancien emplacement du Stade Shamrock, le marché Jean-Talon est inauguré en mai 1933. Il porte d’abord le nom de marché du Nord. Puis, en 1982, le marché est rebaptisé Jean-Talon en l’honneur du premier intendant de la Nouvelle-France.

À ses débuts, le marché Jean-Talon n’est pas qu’un lieu commercial. La Ville, désirant en faire un espace de vie, y aménage une bibliothèque municipale (à l’emplacement actuel de la boulangerie Première Moisson) ainsi que des jeux pour enfants. Au bout de quelques années, cette ambition est abandonnée et le marché devient un véritable pôle commercial et gastronomique.

À l’origine, le marché est ouvert les vendredis et samedis, puis quotidiennement dès 1954. Il rassemble plus de 400 agriculteurs qui offrent des fruits et des légumes, des œufs et des animaux vivants. Au fil des ans, les hangars des maisons du côté nord et sud se transforment en commerces alimentaires italiens.

Depuis son ouverture, Québécois et Italiens fréquentent le marché Jean-Talon. Or, à l’époque, les clients ne sélectionnent pas les mêmes légumes. Les Québécois achètent des concombres et des tomates, alors que les italiens sont à la recherche d’aubergines et de poivrons rouges.  

Au début des années 1980, le marché Jean-Talon inaugure la partie intérieure du mail, faite de cloisons amovibles. Aujourd’hui, touristes et résidents de toutes les communautés, affluent tout au long de l’année au marché afin de se procurer des produits locaux et frais.

Ancien théâtre Le Château – aujourd’hui Center Chrétien métropolitain

6956, rue Saint-Denis, Montréal

L'ancien Théâtre Château a été construit en 1931-32 pour la Confederation Amusements Limited, une chaîne de lieux de divertissements appartenant aux familles Lawand et Tabah. Il est érigé tout près du Rivoli, un autre magnifique palace de quartier construit en 1926. Pendant des années, le Château attire des Montréalais friands de films, de spectacles de vaudeville et de music hall. Avec l'exode vers les banlieues après la Seconde Guerre mondiale, il peine à combler ses 1300 places.

En 1962, la chaîne United Theaters l'acquiert, entreprend des travaux de réaménagement pour attirer une nouvelle clientèle, mais en vain. Le cinéma ferme au cours des années 1980. Conçu selon les plans de l'architecte René Charbonneau et décoré par Emmanuel Briffa, l'ancien Théâtre Château est l'un des palaces de quartier les mieux préservés de Montréal.

L'originalité du Château réside dans ce caractère multifonctionnel autant que dans son esthétique. La section « théâtre » de l'immeuble comprend trois travées verticales dominées par celle du centre. Quatre fausses fenêtres y exhibent les vitraux Art déco d'origine et des éléments décoratifs symboliques, figuratifs ou abstraits confectionnés par l'artiste Joseph Guardo. Le décor intérieur est extravagant. Trompes l'oeil, couleurs vives et variées, ornements de plâtres aux motifs floraux et géométriques couverts de feuilles d'or captent l'attention autant que les piliers monumentaux, frises, arche dorée rectangulaire du proscenium (corniche surplombant l'avant-scène), motifs Art déco surprenants, faux vitraux… Une abondance de détails!

Église Notre-Dame-de-la-Défense

6800, avenue Henri-Julien, Montréal

Désignée lieu historique national par le gouvernement canadien en 2002, l'église Notre-Dame-de-la-Défense, Chiesa della Madona della Difesa, est l'église de la plus ancienne et la plus importante communauté italienne au Canada. Encore aujourd'hui, les Italo-canadiens de Montréal et d'ailleurs viennent y célébrer mariages, baptêmes, funérailles, fêtes annuelles ou autres.

Au début du XXe siècle, les familles italiennes du quartier fréquentent les églises catholiques canadiennes-françaises. En 1910, à la demande de la communauté, l'archevêque Mgr Paul Bruchési érige une nouvelle paroisse sous le nom de Madonna della Difesa en référence au site La Difesa, à Casacalenda (Campobasso) en Italie, lieu d'apparition de la Vierge Marie. La Difesa veut également dire protection, aide, secours.

Cette église est l'unique oeuvre architecturale de Guido Nincheri au Québec. Réalisée en collaboration avec l'architecte Louis-Roch Montbriand, c'est aussi l'une des premières commandes de l'artiste au pays. Deux scènes de calvaire en marbre de Carrare et un monument en bronze commémorant les victimes de guerres, encadrent l'entrée principale. Le décor de la Chiesa della Madona della Difesa, inspiré de la renaissance italienne, resplendit par la richesse des matériaux, les couleurs vives et lumineuses ainsi que le trompe-l'oeil. Nincheri peint sur la voûte une fresque composée de plus de 200 personnages religieux ou historiques italiens et canadiens dont certains évoquent des événements et des personnalités de l'Italie des années 1920. Cette fresque est célèbre encore aujourd'hui, notamment car Mussolini y est représenté. En 1029, Mussolini avait signé les accords du Latran, établissant l'indépendance de la cité du Vatican. L'architecte fut alors contraint par les marguilliers d'intégrer il Duce à son oeuvre.

MESSES
Lundi au vendredi 19h
Samedi 8h00
Dimanche 8h30 et 11h